TuishouSimple fouetéventailéventailRamener le tigre à la montagne

Le dialogue

François Cheng a été élu à l’académie française en 2002, pourtant, quand il est arrivé à Paris à 19 ans, il ne connaissait pas un mot de cette langue. Dans le dialogue, avec beaucoup de finesse il décrit les liens qu’il a tissés entre sa langue maternelle, le chinois, et sa langue d’adoption.

François Cheng

Desclée de Brouwer (proches lointains)

Notice d’Elisabeth Mertz

L’apprentissage d’une langue n’est pas simplement une affaire de mémorisation de vocabulaire, de grammaire. Il mobilise toute notre capacité de compréhension, d’imagination pour entrer dans une autre manière de « sentir, de percevoir, de raisonner, de déraisonner, de jurer, de prier et finalement d’être. »

Pour nous permettre d’appréhender l’uni-vers des deux langues, François Cheng parle des idéogrammes, de leur pouvoir évocateur, de leur mobilité.., il brosse aussi les grandes lignes de la cosmogonie chinoise :la triade taoïste yang/ yin /vide médian ou confucéenne ciel / terre /homme. Puis il exprime comment il ressent la langue française ; idéale selon lui pour les textes théoriques tant elle est claire, structurée, rigoureuse et précise.

Finalement, de la rencontre de ces deux langues complexes chargées d’histoire et de culture naît la poésie de François Cheng. Le livre devient alors totalement passionnant car l’écrivain nous dévoile les sources de son inspiration. La graphie, la sonorité et la phonétique des mots français l’inspirent. Par exemple, ARBRE, le poète explique que phonétiquement et graphiquement il ressent que cela « s’élève –AR, puis plane( –B avec son double rond tout en équilibre) avant de répandre l’ombre bienfaisante (BRE.) ». A la suite nous lisons le poème que cela lui a inspiré. 

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